Archiver 10 To pendant dix ans
La bande LTO écrase tout au prix au gigaoctet — de l'ordre de 0,004 €, soit près de dix fois moins qu'un disque dur. Et pour 10 To à conserver, ce n'est pourtant pas la bonne réponse.
Pourquoi le prix au Go ment ici
Une cartouche LTO ne se lit pas toute seule : il lui faut un lecteur, dont le prix se compte en milliers d'euros. Ce coût d'entrée ne dépend pas du volume archivé. Sur 10 To, il représente l'essentiel de la dépense et fait exploser le coût réel au gigaoctet ; sur 500 To, il devient négligeable et le LTO redevient imbattable.
C'est la limite de la mesure sur laquelle repose ce site : le prix au gigaoctet compare des supports, pas des dispositifs. Dès qu'un support exige un équipement pour être lu, il faut ajouter cet équipement au calcul — et le résultat peut s'inverser.
Le second poste qu'on oublie : la migration
Dix ans, c'est plus long que la vie utile de n'importe quel support grand public. Un archivage sérieux se recopie au moins une fois sur cette durée, quel que soit le média. Le coût d'un archivage de dix ans, c'est donc le support, plus le support de remplacement, plus le temps de la recopie.
Cela vaut aussi pour le format de lecture : un lecteur LTO ne lit en général que deux générations en arrière. Une cartouche parfaitement conservée devient illisible non parce qu'elle s'abîme, mais parce que plus personne ne vend l'appareil qui sait la lire.
Les quatre options, honnêtement
Disques durs. Deux exemplaires, dont un stocké ailleurs, branchés une fois par trimestre pour vérifier leur lisibilité, recopiés au bout de cinq ans. C'est la réponse pour 10 To : aucun coût d'entrée, lecture immédiate sur n'importe quelle machine, et un prix au gigaoctet dix fois supérieur au LTO qui reste dérisoire à cette échelle. Un disque à l'arrêt pendant des années n'est pas éternel, d'où la vérification périodique.
Bande LTO. Le bon choix à partir de plusieurs dizaines de téraoctets, ou quand l'archive doit survivre à un incendie ou à un rançongiciel — une cartouche hors du lecteur est physiquement inaccessible depuis le réseau. En dessous, le lecteur coûte plus cher que ce qu'il protège.
Cloud. Aucun coût d'entrée, un coût mensuel. Sur cent vingt mois, la somme dépasse largement l'achat de disques, et il faut y ajouter les frais de récupération, facturés au volume sorti — c'est-à-dire précisément le jour où l'on a besoin de son archive. En revanche, la copie hors site est immédiate et gérée. Le bon usage est complémentaire : le cloud comme troisième copie, pas comme seule copie.
Disque optique longue durée. Excellente longévité annoncée, mais 10 To exigent une centaine de disques de 100 Go, à graver et à vérifier un par un. Réservez-le à ce qui compte vraiment : les documents d'état civil, les photos de famille, quelques dizaines de gigaoctets.
La règle qui résume tout
Trois copies, sur deux types de supports différents, dont une hors du domicile. Elle est ancienne et elle n'a pas bougé, parce qu'elle traite les trois causes de perte : la panne, l'erreur humaine et le sinistre. Un support à 0,004 € le gigaoctet en un seul exemplaire protège moins bien que trois copies à 0,03 €.
Formulé autrement : en archivage, le prix au gigaoctet sert à choisir entre supports comparables, pas à décider d'une stratégie. C'est aussi pourquoi les bandes LTO ont leur propre section sur ce site plutôt que de trôner en tête du classement général, où elles répondraient à une question que presque personne ne pose.
Constituer l'archive
Pour la solution à deux disques, prenez deux modèles différents : deux disques du même lot vieillissent de la même façon.
Mis à jour le 13/08/2026.