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Le prix au kilo, mais pour la mémoire

SMR ou CMR : le piège du disque dur pas cher

C'est le cas où notre propre classement induit en erreur. À capacité égale, un disque SMR est presque toujours le moins cher au gigaoctet — et parfois exactement celui qu'il ne faut pas acheter.

Deux façons d'écrire sur un plateau

Un disque dur classique, dit CMR (Conventional Magnetic Recording), écrit ses pistes côte à côte, séparées par un intervalle. Chacune peut être réécrite sans toucher aux voisines.

Un disque SMR (Shingled Magnetic Recording) fait chevaucher ses pistes comme les bardeaux d'un toit. La tête d'écriture étant plus large que la tête de lecture, ce recouvrement permet de gagner de l'ordre d'un cinquième de capacité à surface de plateau égale. Le même moteur, les mêmes têtes, les mêmes plateaux, mais plus de téraoctets : mécaniquement, le prix au gigaoctet baisse.

Ce que coûte le chevauchement

Des pistes qui se chevauchent ne peuvent plus être modifiées isolément. Réécrire une piste oblige à réécrire aussi celles qu'elle recouvre, de proche en proche. Le disque masque ce travail avec une zone tampon écrite en mode classique, qu'il réorganise pendant les périodes d'inactivité.

Tant que la zone tampon absorbe les écritures, le disque tient ses performances. Quand elle sature — après quelques dizaines à quelques centaines de gigaoctets écrits d'affilée — le débit s'effondre, parfois d'un facteur dix, et ne remonte qu'après une longue pause. Ce n'est pas une panne : c'est le fonctionnement normal du procédé.

Là où ça fait mal

Trois situations écrivent beaucoup, longtemps, et sans pause :

En 2020, plusieurs fabricants ont dû reconnaître avoir introduit des disques SMR dans des gammes vendues pour les NAS, sans le mentionner sur la fiche produit. Depuis, ils publient des tableaux de correspondance entre références et technologie — mais l'information reste absente des titres marchands, donc de tout comparateur qui ne fait que les lire.

Là où le SMR est un bon achat

Un disque de sauvegarde qu'on écrit une fois et qu'on relit ensuite, une archive photo ou vidéo, un stockage média en lecture dominante : dans ces usages, le chevauchement ne se voit jamais et la remise au gigaoctet est intégralement gagnée. Refuser le SMR par principe, c'est payer plus cher pour une garantie dont on n'a pas l'emploi.

La règle tient en une phrase : SMR si vous écrivez rarement et relisez souvent, CMR dès qu'un disque doit encaisser des écritures soutenues ou entrer dans une grappe.

Comment savoir avant d'acheter

Le titre marchand ne le dit presque jamais. Trois indices utiles :

  1. la référence exacte du modèle, à confronter au tableau publié par le fabricant — c'est la seule méthode fiable ;
  2. la vitesse de rotation annoncée en « classe » plutôt qu'en tours par minute, formulation fréquente sur les gammes grand public concernées ;
  3. un prix au gigaoctet nettement sous le reste de la capacité, sans justification apparente. Un écart de 20 % inexpliqué sur un disque de même capacité mérite une vérification.

C'est aussi la limite de tout comparateur, celui-ci compris : il classe ce que les marchands déclarent. Quand la donnée décisive n'est pas dans le flux, le prix au gigaoctet ne peut pas la deviner.

Voir les disques

Vérifiez la référence exacte sur la fiche avant de commander :

Mis à jour le 13/08/2026.

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